COLONEL AKLI MOHAND OULHAJ
(De son vrai nom : Akli Mokrane)
(7 mars 1911 – 2 décembre 1972)
Surnoms : « Amghar » (Le Sage, par ses frères d’armes pour sa sagesse légendaire), « Le Vieux Renard » (par les Français pour son intelligence tactique)
Grade : Colonel de l’ALN – Commandant de la Wilaya III historique (Kabylie, 1959-1962)
Village natal : Ath Wizguène (Bouzeguène, wilaya de Tizi Ouzou)
Jeunesse et formation
Né le 7 mars 1911 à Bouzeguène (douar Akfadou), dans une famille modeste : fils de Mohand Saïd, forgeron, et de Habbas Fatma.
- Études primaires : École d’Aït Ikhlef, où il se distingue par son intelligence.
- Certificat d’études : Obtenu en 1926 à Michelet (Aïn El Hammam), major de sa promotion.
Aide son père à la forge, émigre brièvement en France (usine), puis militant à Sétif avec Ferhat Abbas. En 1943, contremaître à l’usine Sochina (Alger). Défend ses cousins condamnés après les massacres du 8 mai 1945. Commerce à Ighil Bouammas (1948). Élu président de la Djamaâ d’Akfadou.
Engagement nationaliste
Dès 1955, rejoint l’ALN avec ses trois fils (Mohand Saïd, Makhlouf, Ahmed – ce dernier âgé de 16 ans). Donne 7 millions de francs anciens et tous ses biens. Famille emprisonnée, maisons brûlées par les Français.
Ascension dans l’ALN
- 1957 : Commandant, adjoint politique du colonel Amirouche Aït Hamouda.
- Fin 1958 : Intérim Wilaya III. Tentative d’assassinat : radio piégée explose (3 morts, lui grièvement blessé).
- Mars 1959 : Intérim après départ d’Amirouche (procuration du 4 mars). Amirouche et Si El Haouès tombent à Djebel Thamer (29 mars).
- 31 octobre 1959 : Nommé colonel et chef officiel de la Wilaya III par l’État-major ALN.
Face à l’Opération Jumelles (1959-1960)
Contre le plan Challe : divise les unités en sections mobiles, privilégie guérilla et embuscades. Sauve la Wilaya III de l’anéantissement.
« Amghar a affronté avec courage l’enfer Jumelles en ordonnant la scission en petits groupes. » (Témoignage Si Ouali Aït Ahmed)
Symboles et actions marquantes
- 5 juillet 1962 : Hisse le drapeau algérien à Sidi Fredj (lieu du débarquement français en 1830). Premier discours officiel en kabyle le 3 juillet 1963.
- 1962 : Remet le trésor de guerre : 46 kg d’or, 496 louis, 17 millions d’anciens francs + bijoux. Seul chef de wilaya à tout restituer intégralement.
Après l’indépendance
- 1962-1964 : Commandant 7ᵉ Région militaire (ANP).
- 1963 : Guerre des Sables – part avec bataillon kabyle et colonel Ouamrane défendre Tindouf.
- Rencontre Che Guevara (1963).
- Septembre 1963 : Rejoint FFS (Hocine Aït Ahmed), participe rébellion contre Ben Bella, quitte refusant guerre civile.
- Membre secrétariat FLN et Conseil de la Révolution.
Décès
Soigné à Alger, transféré à Paris. Meurt le 2 décembre 1972 (61 ans) dans l’avion du rapatriement. Enterré à Bouzeguène, comme souhaité.
Hommages posthumes
- Ahid de l’Ordre du Mérite national.
- Université Akli Mohand Oulhadj de Bouira (inaugurée 2005).
- Lycée à Bouira et Bouzeguène ; jardin public à Tizi Ouzou.
- Fondation Mohand Oulhadj ; commémorations annuelles.
- Prise en charge orphelins : 5 centres en Kabylie.
Témoignages
Si Mohand Saïd Akli (fils) :
« Père a tout sacrifié : biens, famille, santé. Il a unifié les rangs et sauvé la Wilaya III. » (Livre Si Mohand Saïd raconte Amghar)
Ali Zamoum :
« Amghar était le rassembleur, l’homme de paix dans la tempête. »
Che Guevara (1963) :
« Un vrai révolutionnaire, sage et déterminé. »
Citation gravée sur sa tombe à Bouzeguène
« Ce qui est au peuple revient au peuple. »
(À propos du trésor remis)
Sources complémentaires :
- Wikipédia & archives EL MOUDJAHID/El Watan.
- Si Mohand Saïd raconte Amghar – Akli Mohand Saïd (fils).
- Le Colonel Si Mohand Oulhadj – Amar Azouaoui (secrétaire PC Wilaya III).
- Témoignages Si Ouali Aït Ahmed, Meziane Djouzi.
- Site univ-bouira.dz (rubrique Histoire).
Mohand Oulhadj reste le Sage de la Révolution : patriote intègre, stratège rusé, humaniste qui sauva la Kabylie et unit la nation. Un colonel qui choisit le peuple plutôt que le pouvoir.
« Il n’a jamais trahi Novembre. Il est mort en Amghar, libre et digne. »
(Inscription commémorative, Bouzeguène)

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