Nassima Majdoub, la médecin militaire assassinée en 1995

Nassima Majdoub

une tragédie emblématique de la Décennie noire

Le 15 avril 1995, le lieutenant Nassima Majdoub (نسيمة مجذوب), âgée de 32 ans, est enlevée à Cheraga, dans la banlieue ouest d’Alger, alors qu’elle se rendait à son travail à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja.

Médecin militaire (officier dans l’Armée nationale populaire), elle exerçait notamment au laboratoire de toxicologie de l’hôpital militaire central d’Aïn Naâdja. Mariée, elle était enceinte de son premier enfant.

Trois jours plus tard, le 18 avril 1995, son corps est découvert sur la route reliant Cheraga à Beni Messous. Elle avait été tuée de trois coups de couteau portés au cou. Son assassinat porte la marque caractéristique des groupes terroristes islamistes qui sévissaient alors en Algérie.

Une victime parmi des milliers

Ce crime s’inscrit dans la terrible période connue sous le nom de Décennie noire (1992-2002), au cours de laquelle plus de 150 000 à 200 000 personnes ont perdu la vie, dont une grande partie de civils innocents : enseignants, journalistes, intellectuels, artistes, fonctionnaires, médecins, femmes et enfants.

Les médecins et le personnel soignant étaient particulièrement ciblés, accusés par les groupes armés d’être des « collaborateurs du régime » ou simplement parce qu’ils représentaient la modernité, l’État et la mixité sociale. Des centaines de professionnels de santé ont été assassinés durant cette période.

Le cas de Nassima Majdoub est d’autant plus tragique qu’elle incarnait à la fois la femme active, la scientifique, l’officier de l’armée et la future mère – autant de symboles que les terroristes cherchaient à détruire.

Une mémoire vivante

Aujourd’hui encore, Nassima Majdoub est régulièrement commémorée sur les réseaux sociaux et dans les blogs de mémoire (notamment Ajouad Algérie Mémoires et le blog « Victimes du terrorisme en Algérie »). Elle est souvent désignée comme « la docteure martyre » ou « la médecin enceinte assassinée ».

Son histoire rappelle le prix payé par les femmes algériennes qui refusaient de se soumettre à l’obscurantisme et continuaient d’exercer leur métier malgré les menaces et le danger permanent.

🕊️ Que Dieu ait son âme et celle de son enfant à naître.

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