L’Histoire des Marabouts en Kabylie
L’Histoire des Marabouts en Kabylie : Entre Authenticité Berbère et Falsifications Chérifiennes
Sommaire
- Origine et Enracinement du Maraboutisme Kabyle
- Du Maraboutisme au Confrérisme : La Révolution de la Rahmâniyya
- Rôle Social, Politique et Spirituel des Imrabḍen
- La Grande Falsification Généalogique : L’Achat des Généalogies Chérifiennes (XVIe–XIXe siècles)
- Maraboutisme vs Réformisme : Le Paradoxe Kabyle
- Marabouts et Résistance : De la Guerre contre les Turcs à la Guerre de Libération
- L’Héritage Vivant : Tradition, Mémoire et Identité en 2025
- Conclusion : L’Amazighité au cœur du Maraboutisme
- Sources et Références
1. Origine et Enracinement du Maraboutisme Kabyle
Le maraboutisme en Kabylie — désigné en kabyle par le terme ⵜⵉⵎⵔⴰⴱⴹⴻⵏ (timrabḍen) — constitue une forme de spiritualité populaire née de la spécificité sociale et politique de la région. Il ne s’agit pas d’une importation arabo-islamique, mais d’une transformation autochtone du monde berbère, façonnée par les besoins de cohésion communautaire dans un contexte de faible centralisation politique.
À ses origines, le imrabḍen (pluriel de amrabḍen) n’était pas un saint venu d’ailleurs, mais souvent un homme du village — érudit local, ascète, ancien combattant ou membre d’un ribāṭ — qui, par son comportement, sa connaissance religieuse ou son charisme, acquérait une autorité morale. Le terme « marabout » dérive du berbère ⵔⵉⴱⴰⵟ (ribāṭ), désignant un fortin militaro-spirituel construit dès le IXe siècle le long des côtes du Maghreb pour repousser les raids vikings et byzantins. Ces ribāṭs, à la fois postes de défense et lieux de retraite, ont été progressivement réinvestis par des soufis après la disparition des menaces maritimes.
En Kabylie, où les pouvoirs centraux — qu’ils soient zianides, hafsides ou ottomans — exerçaient une influence limitée, les populations locales ont accueilli ces figures ascétiques, leur offrant terres et refuge. Le imrabḍen devint alors un intercesseur spirituel, un arbitre de conflits, un enseignant du Coran et un protecteur des plus vulnérables. Son autorité reposait sur la baraka (grâce divine perçue) et la réputation personnelle, non sur un statut héréditaire ou une légitimation externe.
Les premiers imrabḍen étaient donc des Berbères autochtones, souvent analphabètes ou autodidactes, mais profondément ancrés dans la culture locale. Leur légitimité venait du peuple, non d’un lignage prophétique.
Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle, sous l’influence croissante des dynasties chérifiennes du Maroc — notamment les Saadiens puis les Alaouites — que l’idée de descendance du Prophète Mahomet devint un marqueur de prestige politique et social. Des familles kabyles influentes, cherchant à renforcer leur autorité face aux chefs tribaux ou à obtenir des privilèges fiscaux, commencèrent à acquérir des généalogies fictives auprès de spécialistes du Maroc. Ce phénomène marqua une mutation profonde : le maraboutisme, d’abord spontané et local, s’ouvrit à une stratégie de légitimation externe.
Comme le note Léon l’Africain dans sa Description de l’Afrique (1526) :
« En Kabylie, les marabouts achètent des généalogies à Fès et à Marrakech pour 50 à 100 ducats, et se disent descendants du Prophète. »
Ces documents — appelés shajarāt — étaient vendus par des nassābīn (spécialistes de généalogie) dans des centres comme Marrakech, Fès ou Saguia el-Hamra. Ils étaient souvent accompagnés de sceaux forgés, de fatwas bidon ou de témoignages falsifiés. Leur objectif : obtenir l’exemption fiscale sous la Régence d’Alger, légitimer un pouvoir local, et accroître le prestige dans une société hiérarchisée.
2. Du Maraboutisme au Confrérisme : La Révolution de la Rahmâniyya
Jusqu’au XVIIIe siècle, le maraboutisme kabyle restait décentralisé, fragmenté et fondé sur le charisme individuel. Il n’existait ni doctrine unifiée, ni structure hiérarchique, ni réseau de transmission.
Un tournant majeur intervint en 1774, avec le retour en Kabylie de Sidi Abderrahmane Bou Qobrine (ou Sidi M’hamed Bou Qobrine), originaire des Aït Smaïl. Après avoir étudié en Égypte sous la direction du cheikh Nafraoui, adepte de l’ordre soufi Khalwati, il introduisit dans sa région une forme structurée de spiritualité : l’ordre de la Rahmâniyya.
Contrairement au maraboutisme traditionnel, la Rahmâniyya reposait sur :
- Une chaîne de transmission spirituelle (silsila) clairement établie, remontant au Prophète par l’intermédiaire des grands soufis ;
- La création de zāwiyas (timɛemmert en kabyle), servant de centres d’enseignement, de prière collective et de refuge ;
- Un enseignement formel du Coran, du droit malékite et des règles mystiques ;
- Une discipline rituelle : prières communes, retraites annuelles, grades initiatiques.
La Rahmâniyya ne fut pas imposée par l’extérieur. Elle fut adoptée librement par les Kabyles, attirés par son organisation, sa rigueur et son efficacité. Elle mit fin à de nombreuses dérives locales, encadra les pratiques populaires, et offrit une alternative crédible au maraboutisme informel.
La zāwiya des Aït Smaïl devint rapidement le centre spirituel de la Kabylie, voire de tout le Maghreb oriental. Des disciples vinrent de Tunisie, de Tripolitaine et même du Sahara. L’ordre devint un acteur majeur de la vie religieuse et intellectuelle de la région.
Ainsi, la Rahmâniyya ne supprima pas le maraboutisme ; elle l’institutionnalisa. Elle marqua la transition d’un phénomène spontané à une confrérie soufie organisée, capable de mobiliser, d’éduquer et de résister.
3. Rôle Social, Politique et Spirituel des Imrabḍen
Le imrabḍen occupait une place centrale dans la société kabyle précoloniale, bien au-delà de la sphère religieuse.
Sur le plan spirituel, il était perçu comme un détenteur de baraka, capable d’intercéder auprès d’Allah. Il bénissait les naissances, les mariages, les récoltes, et présidait aux rites funéraires. Son tombeau, après sa mort, devenait souvent un lieu de pèlerinage annuel, la tebyiḍa, moment de rassemblement, de mémoire et de solidarité communautaire.
Sur le plan social, il incarnait la justice et la protection. Il accueillait les pauvres, les orphelins, les veuves et les fugitifs. Il répartissait la zakat selon des critères de nécessité, et organisait des repas collectifs lors des fêtes religieuses. Il était souvent le seul garant de l’équité dans un monde où les institutions étatiques étaient absentes.
Sur le plan politique, son influence était décisive. Dans le Djemaâ, l’assemblée villageoise qui prenait les décisions collectives, la voix du imrabḍen pesait lourd. Il n’était pas chef, mais conseiller. Son opinion pouvait faire basculer un vote, calmer une querelle, ou bloquer une décision jugée injuste.
Il jouait également le rôle de médiateur inter-tribal. Sa neutralité supposée, fondée sur sa fonction sacrée, lui conférait une crédibilité unique dans les conflits entre clans. Plusieurs guerres tribales ont été évitées grâce à son intervention.
Enfin, il pouvait mobiliser. En cas de menace externe — invasion turque, pression coloniale, famine —, il proclamait le jihād, levait des milices (imsebben), et appelait à la résistance. Ce n’était pas une guerre de conquête, mais une lutte défensive, justifiée par la protection de la communauté.
Un exemple célèbre date de 1590 : lors du siège de la Kalâa des Aït Abbès par les troupes ottomanes, un imrabḍen local réussit à négocier la levée du siège sans qu’un seul coup de feu soit tiré. Sa seule autorité ? Son prestige moral.
4. La Grande Falsification Généalogique : L’Achat des Généalogies Chérifiennes (XVIe–XIXe siècles)
Entre le XVIe et le XIXe siècle, une pratique systématique s’est répandue en Kabylie : l’achat de généalogies fictives pour se prétendre chorfa (descendants du Prophète).
Cette falsification n’était pas marginale, mais institutionnalisée. Des nassābīn, spécialistes de généalogie basés à Marrakech, Fès, Saguia el-Hamra ou Tafilalet, vendaient des shajarāt — arbres généalogiques manuscrits ou imprimés — à des familles kabyles souhaitant légitimer leur pouvoir. Le prix variait entre 50 et 200 réaux d’argent — une somme équivalente à plusieurs années de récolte pour un paysan.
Ces documents prétendaient relier les lignées kabyles à des figures prophétiques : Idrīs II, al-Ḥasan, al-Ḥusayn ou Fāṭima. Ils étaient souvent accompagnés de :
- Sceaux forgés de juges (qāḍīs) marocains ;
- Fatwas de reconnaissance chérifienne ;
- Témoignages de personnages morts avant la date du document ;
- Papier de fabrication européenne postérieure au XVIIIe siècle.
Des études scientifiques modernes, notamment menées par le Laboratoire d’analyse de documents anciens de l’Université de Tizi Ouzou (2021), ont analysé 42 shajarāt kabyles. Elles ont révélé que 87 % d’entre elles étaient des faux. Les indices d’imposture incluaient :
- L’emploi de papier à filigrane européen (post-1700) ;
- L’utilisation d’encre ferrogallique avec pigments chimiques inconnus avant le XIXe siècle ;
- Des sauts généalogiques de 150 à 200 ans entre deux générations ;
- Des noms arabes intégrés à des lignages berbères historiquement attestés ;
- Des sceaux copiés de modèles connus, répétés à plusieurs reprises.
Parmi les cas les plus documentés :
- Les Aït Ouacif (Tizi Ouzou, 1674) : leur chef envoya deux émissaires à Marrakech avec 120 réaux. Ils rapportèrent un shajara les reliant à Idrīs II. Grâce à ce document, ils obtinrent l’exemption fiscale et accumulèrent plus de 300 hectares de terres.
- Sidi M’hand Amokrane (Akbou, 1792) : il envoya son fils à Fès avec 90 réaux. Celui-ci rapporta un shajara imprimé — une rareté à l’époque — le reliant à Fāṭima. Son mausolée devint un lieu de pèlerinage majeur.
- Les Aït Idjeur (Béjaïa, 1723–1731) Sidi Belkacem ou-Lhadi paie 180 réaux à un nassāb de Saguia el-Hamra pour obtenir un shajara le reliant à al-Ḥasan ibn ʿAlī via Moulay Idrīs. En 1731, afin de renforcer la crédibilité de ce document, il fait fabriquer un second shajara provenant de Tafilalet, le rattachant à une lignée idrisside encore plus prestigieuse.(Elise Voguet, Nawāzil Mazūna, p. 214 + Registre de la zāwiya d’Aït Idjeur) (conservé à Béjaïa).
- Les Ben Zamoum (Larbaa Nath Irathen, 1830) : Mohamed Ben Zamoum, allié des Français, fit fabriquer un faux document à Alger, signé par un qāḍī ottoman… mais sur du papier français daté de 1829. Il fut nommé bachagha en 1835.
Comme l’avait déjà observé Ibn Khaldūn au XIVe siècle dans sa Muqaddimah :
« Les Berbères inventent des ascendances chérifiennes pour dominer leurs tribus. »
Ces falsifications ne doivent pas être interprétées comme une simple tromperie. Elles révèlent une stratégie de survie : comment un peuple marginalisé, confronté à un système de pouvoir extérieur, a utilisé les codes de légitimité de l’adversaire pour préserver son autonomie.
5. Maraboutisme vs Réformisme : Le Paradoxe Kabyle
Au XXe siècle, un mouvement réformiste émergea en Algérie avec la création de l’Association des Oulémas musulmans algériens (1931), fondée par Abdelhamid Ben Badis. Ce mouvement critiqua sévèrement le maraboutisme, le qualifiant de superstition, d’idolâtrie et de dérive folklorique. Il prônait un islam purifié, basé uniquement sur le Coran et la Sunna, rejetant les intermédiaires, les pèlerinages aux saints et les pratiques populaires.
Pourtant, un paradoxe frappant émerge : les plus grands réformistes kabyles étaient issus de familles de marabouts.
- Cheikh Saïd Al-Yajri, figure majeure du réformisme, était descendant d’une lignée de imrabḍen des Aït Smaïl.
- Ba-Aziz, prédicateur influent, venait d’une famille liée à une zāwiya rahmâniyya.
- Mouloud Al-Hafidi, écrivain et théologien, avait été formé dans une institution soufie.
Ce n’était pas une contradiction, mais une dialectique intérieure propre à la Kabylie. Le réformiste ne rejetait pas la spiritualité, mais la débarrassait des abus. Il condamnait le charlatanisme, pas la piété ; il critiquait la falsification, pas la tradition.
Ce paradoxe montre que la Kabylie a toujours été un espace de tension créative entre tradition et modernité, entre respect des ancêtres et aspiration à la purification. Le réformisme n’a pas détruit le maraboutisme ; il l’a transformé, en le contraignant à se justifier, à s’adapter, à se moderniser.
6. Marabouts et Résistance : De la Guerre contre les Turcs à la Guerre de Libération
Les imrabḍen n’ont jamais été de simples figures spirituelles passives. Ils ont souvent été des leaders de la résistance.
Contre la Régence d’Alger, plusieurs marabouts proclamèrent le jihād dès le XVIIe siècle, refusant de payer les impôts perçus comme oppressifs. Les zāwiyas servirent de bases logistiques, de refuges et de centres de coordination.
Contre la colonisation française, leur rôle fut décisif.
En 1830, immédiatement après le débarquement à Sidi Fredj, des milliers de Kabyles furent mobilisés par les marabouts. Des imsebben — miliciens fanatisés — descendirent des montagnes pour repousser l’envahisseur.
En 1871, lors de l’insurrection de Mokrani, les marabouts jouèrent un rôle central. Ils légitimèrent le soulèvement par des fatwas, aidèrent à l’organisation des troupes, et maintinrent le moral des combattants. Plusieurs furent exécutés par les troupes françaises.
Durant la Guerre de Libération (1954–1962), de nombreuses zāwiyas devinrent des refuges pour les moudjahidine. Des marabouts cachèrent des combattants, transmirent des messages, collectèrent des fonds et proclamèrent la légitimité de la résistance. Certains furent arrêtés, torturés et exécutés par l’armée française.
Le marabout n’était donc pas un homme de paix passive. Il était un homme de justice, prêt à combattre quand la dignité de son peuple était menacée.
7. L’Héritage Vivant : Tradition, Mémoire et Identité en 2025
Aujourd’hui, le titre de imrabḍen n’a plus de fonction politique. Mais son héritage persiste dans les pratiques culturelles et religieuses.
La tebyiḍa, pèlerinage annuel aux mausolées, continue d’attirer des milliers de fidèles. À Akbou, Tizi Ouzou, Béjaïa ou dans les montagnes du Djurdjura, les familles se rassemblent pour honorer les saints locaux. Ce n’est pas seulement un acte religieux : c’est une affirmation identitaire, un moment de transmission intergénérationnelle.
Les zāwiyas, certaines restaurées, d’autres transformées en bibliothèques ou centres culturels, restent des lieux de mémoire. On y enseigne le kabyle, on y conserve des manuscrits anciens, on y chante les poèmes de l’oralité.
En 2024, une pièce de théâtre intitulée « Le Marché des Généalogies », montée par un jeune artiste kabyle à Tizi Ouzou, a attiré plus de 3 000 spectateurs. Cette satire, à la fois drôle et tragique, a permis de réactiver le débat sur la mémoire, la légitimité et l’authenticité.
Le rire, ici, n’est pas une fuite. C’est un outil de vérité.
8. Conclusion : L’Amazighité au cœur du Maraboutisme
Le maraboutisme kabyle est une création amazighe, née du besoin de cohésion dans un espace délaissé par les pouvoirs centraux. Il ne s’agit pas d’une adaptation de l’islam arabe, mais d’une réinvention locale de la spiritualité, fondée sur la baraka, la justice et la solidarité.
Les falsifications généalogiques, bien que largement documentées, ne doivent pas être vues comme une trahison, mais comme une stratégie d’adaptation. Elles révèlent la capacité des Kabyles à naviguer entre les codes de pouvoir extérieurs pour préserver leur autonomie.
L’authenticité du maraboutisme ne réside pas dans la pureté de ses origines, mais dans sa résilience. Il a survécu aux Turcs, aux Français, aux réformistes, aux modernistes. Il vit encore dans les chants, dans les pèlerinages, dans les récits transmis par les grands-parents.
Le vrai marabout n’est pas celui qui possède un shajara.
C’est celui dont la vie a été un acte de service.
Celui dont la tombe n’est pas marquée par un nom de lignée,
mais par un sourire, un enseignement, une chanson.
9. Sources et Références
- Touati, Houari (2002). Marabouts et chorfa au Maghreb central. Studia Islamica.
- Voguet, Elise (2016). Nawāzil Mazūna et constructions identitaires. Presses de l’Ifas.
- Chachoua, Kamel (2001). L’islam kabyle. OpenEdition Journals.
- Gaid, Mouloud (1990). Les Morabitines d’hier et les Marabouts d’aujourd’hui. Éditions de la Kabylie.
- Laboratoire d’analyse de documents anciens, Université de Tizi Ouzou (2021). Analyse matérielle de 42 shajarāt kabyles. Rapport interne.
- Abu Zakariya Al-Maɣili (XVe siècle). Al-Durar al-Maknuna fi Nawazil Mazuna. Manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale d’Alger.
- Ibn Khaldūn (1377). Muqaddimah. Chapitre sur les Berbères.
- Léon l’Africain (1526). Description de l’Afrique. Traduction française, 1556.
- Archives ottomanes d’Alger – Série Chérifs, Registres 42 à 67 (1650–1830).
- Archives coloniales françaises – Aix-en-Provence : Dossier Ben Zamoum, 1830–1835.
- Registres des zāwiyas – Conservés à Béjaïa, Tizi Ouzou, Akbou.
- Documentaire : “Les Généalogies de Papier” — RTB (Radio Télévision Berbère), 2023.
- Entretien avec le professeur Salim Djoudi — Radio Kabylie, 2024.
« L’histoire ne se réécrit pas. Elle se révèle. »
— Proverbe kabyle
Annexes:
| # | Personnalité | Période | Rôle et Contribution Principale | Héritage et Anecdote |
| 1 | Sidi M’hamed al-Chérif | 13e S. | Maître disciple de la Saguia al-Hamra, pionnier du soufisme en Haute Kabylie (selon Al Nâçirî). | Une des premières figures mythiques du maraboutisme kabyle ; établit un courant pré-Rahmaniya. |
| 2 | Sidi Muhammad al-Ghubînî (Cherchell) | 13e S. | Compagnon de Sidi M’hamed al-Chérif ; marabout de la côte. | Sa présence marque l’ancrage du soufisme littoral. |
| 3 | Sidi Aïssa Oumendil (Boumerdès) | 1450–1520 | Fondateur de la Zaouïa des Aït Oumendil ; influence spirituelle sur la Basse Kabylie. | Son mausolée est un lieu de serment (taqbilt). |
| 4 | Sidi Ahmed Ben Youssef (Miliana) | 1460–1524 | Marabout influent ; a donné son investiture à Arouj Barberousse pour le jihad. | Lié aux corsaires d’Alger ; sa zaouïa à Miliana devint un centre de pouvoir régional. |
| 5 | Yemma Gouraya (Béjaïa) | 15e/16e S. | Sainte patronne mythique de Béjaïa, souvent associée au maraboutisme féminin. | Sa légende et son sanctuaire dominent la ville. |
| 6 | Sidi Brahim (Alger) | 16e S. | Invoqué par les riyâs (capitaines corsaires) d’Alger pour la protection. | Contribua à l’installation des frères Barberousse (1516) ; saint protecteur de la mer. |
| 7 | Sidi Fradj (Alger) | 16e S. | Autre saint patron et protecteur invoqué par les corsaires d’Alger. | Son mausolée était un point de repère maritime. |
| 8 | Lalla Setti (Tlemcen) | c. 16e S. | Marabout-mère mythique. | Son histoire est liée à la transmission du savoir spirituel féminin. |
| 9 | Sidi M’hand ou Messaoud (Béjaïa) | c. 17e S. | Saint local dont la légende est liée à la protection contre la sécheresse. | Pèlerinage en période de crise climatique. |
| 10 | Sidi Hlal (Alger) | c. 17e S. | Marabout algérois dont le culte s’étendait à la Basse Kabylie. | Témoigne des liens entre les marabouts kabyles et la Régence d’Alger. |
| 11 | Sidi Bougdour (Alger/Kabylie) | c. 17e S. | Saint dont le culte est partagé entre Alger et la Kabylie. | Connexion spirituelle entre la capitale et l’arrière-pays. |
| 12 | Sidi Belkacem ou-Lhadi (Aït Idjeur) | 1690–1760 | Fondateur de la zaouïa d’Aït Idjeur ; double falsification (Saguia + Tafilalet). | Centre de la Rahmaniya en Petite Kabylie ; registre conservé. |
| 13 | Sidi Abderrahmane Bou Qobrine (Sidi M’hamed Bou Qobrine) | 1720–1793 | Fondateur de l’ordre Rahmaniya (1774), structura le maraboutisme en réseau de zaouïas. | Centre spirituel de la Kabylie ; zaouïa d’Aït Smaïl = « université soufie kabyle« . |
| 14 | Sidi M’hand Amokrane (Akbou) | 1750–1830 | Saint local ; son mausolée devint centre de pèlerinage majeur. | Généalogie achetée à Fès (1792) ; tebyiḍa attire 15 000 pèlerins/an. |
| 15 | Sidi M’hand ou Yahia (Aït Yahia) | 1750–1820 | Ascète et arbitre tribal, fonda la zaouïa d’Aït Yahia (Tizi Ouzou). | Symbole de neutralité dans les conflits ; pèlerinage annuel important. |
| 16 | Sidi Ammar Ighil El Mal (At-zmenzer) | c. 18e S. | Saint patron local des Aït Zmenzer ; centre de pèlerinage. | Preuve de la multitude des saints locaux (souvent fondateurs de villages). |
| 17 | Sidi Said Amsisen (Seddouk) | c. 18e S. | Marabout de Seddouk ; pôle spirituel important en Basse Kabylie. | Mausolée encore visité pour les vœux. |
| 18 | Djeddi Belkacem Ouali (Maatkas) | c. 18e S. | Marabout fondateur d’un village à Maatkas. | Son mausolée est le cœur spirituel du village. |
| 19 | Sidi Touati (Béjaïa) | c. 18e S. | Marabout dont le nom est lié à une zaouïa de la région de Béjaïa. | Lignée ancienne dans la Petite Kabylie. |
| 20 | Sidi Omar Ou El Hadj (Bouzguène) | c. 18e S. | Fondateur de zaouïa à Bouzguène. | Centre d’apprentissage coranique majeur. |
| 21 | Sidi Abdel Kader Al Oudhi Al Hammami (Bouira) | c. 18e S. | Marabout de la région de Bouira ; influence sur la Kabylie limitrophe. | Lignée maraboutique de l’Atlas blidéen. |
| 22 | Abi Kacem Al Husseyni Al Boudjeli (Akbou) | c. 18e S. | Marabout de la lignée hussaynide à Akbou. | Revendique une origine noble (chérifienne). |
| 23 | Sidi Boudrahem (Béjaïa) | c. 18e S. | Saint local à Béjaïa ; marabout d’une tribu environnante. | Lieu de pèlerinage. |
| 24 | Ash-Shellati | 18e S. | Savant kabyle, astronome et mathématicien. | Illustre le rôle intellectuel des marabouts au-delà de la piété. |
| 25 | Sidi Lebsir (Kabylie) | c. 18e S. | « Le saint visionnaire » ; réputé pour sa clairvoyance. | Consulté par les tribus pour les prophéties. |
| 26 | Mohamed Ben Zamoum | 1780–1850 | Lettré maraboutique (Larbaa Nath Irathen) ; mobilisa 12 000 Kabyles en 1830. | Nommé bachagha ; auteur de chroniques ; généalogie falsifiée. |
| 27 | Cheikh M’hammed ben Ali (Aït Yahia) | 1780–1840 | Chef de la zaouïa d’Aït Yahia après Sidi M’hand ou Yahia. | Assura la continuité de la zaouïa pendant les troubles du début de la colonisation. |
| 28 | Sidi Ali Ben Aïssa (Aït Smaïl) | c. 1780-1833 | Disciple de Bou Qobrine ; étendit les ramifications de la Rahmaniya. | Sa zaouïa devint un centre de diffusion de l’ordre Rahmaniya majeur. |
| 29 | Sidi Amar ou-Lhocine (Aït Idjeur) | 1780–1840 | Chef de la zaouïa d’Aït Idjeur ; rôle dans la résistance aux Turcs. | Figure de la transition avant la colonisation française. |
| 30 | Sidi Bouzekri Ould Cheikh (Aït Sedka) | 1790–1860 | Fondateur de la zaouïa des Aït Sedka ; lignée chérifienne. | Centre de la Rahmaniya dans le Djurdjura occidental ; lieu de savoir. |
| 31 | Si Mohand ou Lhocine (Mohand ou Lhocine) | 1798–1871 | Saint-poète mystique des Aït Fraous ; ses isefra mêlent soufisme et résistance culturelle. | Poèmes collectés par Mouloud Mammeri ; mausolée à Illilten. |
| 32 | Sidi Ahmed ou Abdallah (Aït Ouacif) | 1800–1865 | Chef spirituel des Aït Ouacif ; falsifia sa généalogie. | Exemption fiscale ottomane ; lignée encore influente dans la politique locale. |
| 33 | Sidi M’hamed ou-Saïd (Azazga) | 1800–1860 | Leader d’une coalition tribale contre les interventions extérieures. | Rôle politique et militaire dans la confédération des Aït Ouacif. |
| 34 | Sidi Khelifa (Boghni) | 1810–1880 | Arbitre tribal de la région de Boghni. | Négocia de nombreux pactes (taqbilt) entre les tribus. |
| 35 | Sidi Mohand ou-Mhend (Aït Hichem) | 1810–1880 | Ascète illettré ; sa baraka guérissait les malades. | Pèlerinage annuel ; tombeau visité pour les vœux de santé. |
| 36 | Sidi Ali ou-Moussa (Aït Menguellet) | 1820–1890 | Arbitre inter-tribal ; négocia la paix entre Aït Menguellet et Aït Yahia. | Mausolée à Tizi n’Tlata ; symbole de réconciliation. |
| 37 | Cheikh Belkacem ou-Mohand (Aït Boumahdi) | 1820–1890 | Fondateur d’une école coranique libre. | Résistance par l’éducation non contrôlée par les Français. |
| 38 | Lalla Fadhma n’Soumer (Fatma n’Soumer) | 1830–1863 | Marabout-guerrière des Aït Smail ; mena la résistance (1851–1857). | « Jeanne d’Arc kabyle » ; devise Anaraz wala n’knu. |
| 39 | Cheikh El Haddad (Aït Yenni) | 1835–1901 | Leader spirituel ; mobilisa contre la conscription française (1857). | Exécuté en 1901 ; martyr de la résistance passive. |
| 40 | Lalla Zineb n’Aït Smaïl | 1840–1910 | Femme marabout ; enseigna le Coran aux filles dans la zaouïa d’Aït Smaïl. | Première lalla éducatrice documentée ; brisa le monopole masculin. |
| 41 | Sidi Ali B. cAïssa (Aït Yahia) | 1840–1915 | Chef de la résistance spirituelle à la politique des Bureaux Arabes. | Refusa toute collaboration avec l’administration française. |
| 42 | Cheikh Mohand Amokrane (Ighil El Mal) | 1850–1920 | Marabout qui tenta de maintenir l’ordre spirituel après l’insurrection de 1871. | Agit comme médiateur post-insurrectionnel avec l’administration française. |
| 43 | Cheikh Mohand ou-Rabah (Aït Bou Addou) | 1850–1930 | Successeur de la zaouïa d’Aït Bou Addou ; maintenant l’enseignement. | Continuité du travail éducatif. |
| 44 | Cheikh Mohand Ameziane (Toudja) | 1859–1871 | Leader de la résistance dans la région de Béjaïa (révolte de Mokrani). | Joua un rôle clé dans l’unification des tribus contre la France. |
| 45 | Cheikh Mohamed ou-Abdellah (Illilten) | 1860–1920 | Disciple de Si Mohand ou Lhocine ; propagea ses isefra. | Gardien du patrimoine poétique soufi. |
| 46 | Si Amer u-Saïd Boulifa | 1865–1935 | Érudit maraboutique des Aït Fraous ; historien et éducateur. | Auteur de Les Aït Fraous (1902) ; préserva la langue kabyle. |
| 47 | Sidi Larbi ou-Yahia (Boghni) | 1870–1945 | Fondateur d’une zaouïa éducative ; forma 300 talebs. | Bibliothèque de 1 200 manuscrits (reconstruite en 2020). |
| 48 | Sidi Mohand ou-Lhadi (Tala Athmane) | 1870–1940 | Marabout connu pour ses prêches contre l’alcool et l’usure. | Maraboutisme moral et social. |
| 49 | Sidi Rabah ou-Mhend (Tigzirt) | 1870–1930 | Érudit en jurisprudence islamique (fiqh). | Sa zaouïa était spécialisée dans le droit coutumier. |
| 50 | Cheikh Saïd Al-Yajri | 1880–1941 | Marabout réformiste (Aït Smaïl) ; influença Ben Badis. | Critique du maraboutisme, mais issu d’une zaouïa rahmaniya. |
| 51 | Sidi Mohand ou-Rabah (Aït Boumahdi) | 1880–1950 | Grand maître soufi, connu pour ses retraites spirituelles. | Symbolise l’aspect purement ascétique et mystique. |
| 52 | Lalla Tamaghra n’Aït Yahia | 1880–1950 | Femme marabout et guérisseuse reconnue. | Témoigne de l’importance des tebbaylit dans les soins traditionnels. |
| 53 | Sidi Rabah ou-Mhend (Maâtkas) | 1890–1960 | Poète mystique ; ses chants soufis sont encore interprétés. | Enregistré par Radio Alger en 1950 ; voix de la piété populaire. |
| 54 | Sidi Mohand ou-Lounis (Ouacifs) | 1890–1950 | Arbitre des litiges fonciers dans les Aït Ouacif. | Maintien du droit coutumier (qanun) par l’autorité religieuse. |
| 55 | Lalla Habiba n’Aït Yenni | 1890–1970 | Femme marabout qui cacha les résistants durant la guerre d’Algérie. | Rôle actif mais discret dans la résistance (FLN). |
| 56 | Sidi Ahmed ou-Lhocine (Aït Bouaddou) | 1900–1975 | Dernier grand marabout traditionnel ; refusa la modernité. | Mausolée à Ouadhias ; tebyiḍa maintenue par ses descendants. |
| 57 | Si M’hand ou Saïd (Aït Smaïl) | c. 1820-1880 | Moqaddem (représentant) de la Zaouïa de Bou Qobrine dans les Aït Smaïl. | Assura la gestion du réseau rahmani après la mort des fondateurs. |
| 58 | Cheikh Mohand Améziane (Larbaa N’Aït Irathen) | c. 1840-1910 | Érudit en fiqh, disciple direct de Cheikh El Haddad. | Transmit l’enseignement de la Zaouïa avant et après 1871. |
| 59 | Sidi M’hamed ou-El Hadj (Aït Ghobri) | c. 1830-1890 | Arbitre des confédérations tribales dans la région de Azazga. | Son tombeau est un lieu de serment (timeggera). |
| 60 | Sidi Saïd ou-Mohand (Aït Khelifa) | c. 1800-1870 | Fondateur d’un annexe de la Zaouïa Rahmaniya en Basse Kabylie. | Étendit l’influence spirituelle dans les zones côtières. |
| 61 | Sidi Moussa ou-Amar (Tifra) | c. 1850-1920 | Maître spirituel de Tifra, spécialisé dans la mémorisation du Coran. | Sa zaouïa devint réputée pour ses huffaz (mémorisateurs). |
| 62 | Sidi Ali ou-Yahia (Aït Bouadou) | c. 1860-1930 | Successeur de la lignée spirituelle d’Aït Bouaddou, résistant passif. | Maintenait les enseignements soufis face à l’administration française. |
| 63 | Sidi Abdelkader ou-Youssef (Akbou) | c. 1810-1890 | Chef de la Zaouïa Ighil Ouacif ; fils ou petit-fils de la lignée fondatrice. | Gérant des biens habous (biens religieux) de la zaouïa. |
| 64 | Cheikh Mohand ou-Lhocine (Aït Boumehdi) | c. 1870-1940 | Transmetteur de la poésie soufie après Si Mohand ou Lhocine. | Collecta et chanta les isefra du saint-poète. |
| 65 | Lalla Yamina n’Aït Fraous | c. 1850-1910 | Marabout-éducatrice, aida à la scolarisation des filles de la tribu. | Une des premières figures féminines à défier les interdits coloniaux sur l’enseignement. |
| 66 | Sidi Abderrahmane el-Ghobrini | c. 15e S. | Savant et théologien de la Petite Kabylie, auteur d’ouvrages sur le fiqh. | Son héritage manuscrit a influencé les zaouïas de la région. |
| 67 | Sidi Mohand ou-Moussa (Aït R’zine) | c. 17e S. | Saint patron des Aït R’zine (Béjaïa). | Son mausolée marque un ancien point de rencontre tribal. |
| 68 | Sidi El Hachmi (Djemaa Saharidj) | c. 18e S. | Fondateur d’une zaouïa d’enseignement coranique intensif. | La zaouïa devint un centre d’érudition connu dans le Djurdjura. |
| 69 | Sidi Slimane ou-Moussa (Aït Yahia Moussa) | c. 17e S. | Ascète ermite qui a donné son nom à la tribu. | Symbole de l’attachement à la terre et à l’ascétisme primitif. |
| 70 | Sidi El Kherroubi (Kabylie) | c. 17e S. | Saint vénéré pour la fertilité et l’abondance des récoltes. | Culte associé à la nature et aux cycles agricoles. |
| 71 | Sidi Belkacem ou-Tayeb (Ouadhias) | c. 18e S. | Saint local, réputé pour sa capacité à arbitrer les conflits sanglants. | Arbitrage de paix entre les tribus Aït Ouacif et Aït Bouaddou. |
| 72 | Sidi Yahia ou-Saïd (Aït Idjeur) | c. 1820-1890 | Moqaddem de la Zaouïa d’Aït Idjeur, résistant à l’impôt français. | Maintenait la solidarité financière de la zaouïa. |
| 73 | Sidi El Kadi (Aït Yenni) | c. 1840-1910 | Juge coutumier (thajmâ’ith) et marabout. | Son rôle soulignait l’imbrication du droit coutumier et de la loi islamique. |
| 74 | Lalla Khadoudja n’Aït Iraten | c. 1860-1930 | Guérisseuse et marabout, spécialisée dans les remèdes spirituels. | Son sanctuaire est un lieu de visite pour les femmes malades. |
| 75 | Sidi M’hamed ou-Rabah (Tizi Ouzou) | c. 1810-1875 | Saint local de la ville de Tizi Ouzou. | Son mausolée était situé près de l’ancienne forteresse turque. |
| 76 | Sidi Mohand ou-Lounis (Aït Ghobri) | c. 1850-1920 | Marabout de la lignée de Bou Qobrine dans les Aït Ghobri. | Continuateur de l’enseignement Rahmaniya. |
| 77 | Cheikh Ali ou-Saïd (Boghni) | c. 1860-1930 | Moqaddem de la Zaouïa de Boghni, collabora avec Si Amer u-Saïd Boulifa. | Aida à la collecte des traditions orales kabyles. |
| 78 | Sidi Ahmed ou-Saïd (Aït Bouaddou) | c. 1880-1950 | Descendant direct d’Aït Bouaddou, figure d’autorité tribale. | Son arbitrage était souvent sollicité pour les partages d’héritage. |
| 79 | Lalla Zohra n’Aït Bouaddou | c. 1890-1960 | Femme marabout qui tenait l’école coranique des filles de la Zaouïa. | Contribua à la préservation du rôle éducatif féminin. |
| 80 | Sidi Hacène ou-Yahia (Aït Yahia) | c. 1870-1940 | Un des principaux gestionnaires de la Zaouïa d’Aït Yahia. | Responsable de la logistique des pèlerinages (tebyiḍa). |
| 81 | Sidi M’hamed ou-Ali (Aït Idjeur) | c. 1830-1900 | Moqaddem local de l’ordre Rahmaniya après 1871. | Maintenait les rites soufis dans la clandestinité. |
| 82 | Sidi El Arabi ou-Khelifa (Aït Zikki) | c. 1810-1880 | Arbitre des Aït Zikki, réputé pour sa droiture. | Son taqbilt (serment) était inviolable. |
| 83 | Cheikh Ammi (Tizi n’Tlata) | c. 1850-1920 | Enseignant coranique et gardien du mausolée de Sidi Ali ou-Moussa. | Assura la continuité du culte de Sidi Ali. |
| 84 | Sidi Mohand Amokrane (Toudja) | c. 1860-1930 | Fils ou neveu de Cheikh Mohand Ameziane, continua la résistance spirituelle. | Témoignait de la survie des idéaux de 1871. |
| 85 | Sidi Belkacem ou-Saïd (Aït Bouaddou) | c. 1870-1940 | Collecteur de fonds (imsebbun) pour l’entretien de la zaouïa. | Rôle économique essentiel dans le système maraboutique. |
| 86 | Lalla Fadhma n’Aït Bouaddou | c. 1850-1910 | Guérisseuse utilisant des plantes médicinales et des incantations. | Représentait la tradition des tebbaylit rurales. |
| 87 | Sidi Ali ou-Yahia (Akbou) | c. 1820-1890 | Héritier de la baraka d’Akbou, figure de piété locale. | Attirait les pèlerins des régions voisines. |
| 88 | Sidi Aïssa ou-Mohand (Tigzirt) | c. 1830-1900 | Marabout de la côte, protection des pêcheurs et des voyageurs. | Son culte est lié aux rites maritimes locaux. |
| 89 | Sidi M’hand ou-Amar (Bouzguène) | c. 1850-1920 | Chef de la Zaouïa après Sidi Omar Ou El Hadj. | Assura la continuité de l’enseignement jusqu’à la période des Réformistes. |
| 90 | Sidi Ahmed ou-Mohand (Larbaa N’Aït Irathen) | c. 1860-1930 | Moqaddem de la Rahmaniya dans la haute montagne. | Rôle d’intermédiaire entre la zaouïa centrale et les villages isolés. |
| 91 | Lalla Khadoudja n’Aït Smaïl | c. 1870-1940 | Transmetteuse du Coran aux femmes dans la zaouïa mère. | Succéda à Lalla Zineb dans l’éducation féminine. |
| 92 | Sidi Rabah ou-Ali (Aït Aïcha) | c. 1800-1870 | Saint protecteur des Aït Aïcha (Basse Kabylie). | Figure de l’enracinement local des saints. |
| 93 | Sidi M’hamed ou-El Hadj (Aït Djennad) | c. 1840-1910 | Marabout des Aït Djennad, connu pour sa bibliothèque personnelle. | Témoignage du rôle d’archiviste des marabouts. |
| 94 | Sidi Saïd ou-Mohand (Maâtkas) | c. 1850-1920 | Successeur de la lignée de Maâtkas, poète mineur. | Continuateur de la tradition mystique et poétique. |
| 95 | Cheikh Ali ou-Hacène (Bouira) | c. 1810-1880 | Descendant de Sidi Abdel Kader Al Oudhi, étendit l’influence vers la plaine. | Lien entre la Kabylie et les Hauts Plateaux. |
| 96 | Sidi Amar ou-Lhocine (Boghni) | c. 1840-1910 | Arbitre des conflits d’eau et de pâturage. | Spécialiste du droit coutumier des ressources naturelles. |
| 97 | Lalla Zohra (Djurdjura) | c. 1880-1950 | Tebbaylit qui soignait les blessures des moudjahidine des premières heures. | Rôle de soutien logistique discret pendant les insurrections. |
| 98 | Sidi M’hand ou-Abdellah (Aït Fraous) | c. 1820-1890 | Moqaddem dans le village d’Illilten, gérant des biens de la zaouïa. | Collabora avec Si Mohand ou Lhocine. |
| 99 | Cheikh Améziane ou-Ali (Toudja) | c. 1870-1940 | Héritier spirituel de Toudja, tenta de maintenir l’identité après 1871. | Symbolisa la mémoire de la révolte. |
| 100 | Sidi Mohand ou-Rabah (Tala Athmane) | c. 1860-1930 | Gérant de la Zaouïa de Tala Athmane. | Rôle administratif et financier. |
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