Ali Zamoum
Biographie complète du Moudjahid Ali Zamoum
(20 octobre 1933 – 28 août 2004)
Nom complet : Ali Zamoum dit « Dda Ali » ou « Ali d’Ighil Imoula »
Surnoms dans la résistance : Lieutenant de Krim Belkacem, « l’imprimeur du 1er Novembre »
Grade dans l’ALN : Responsable politico-militaire de la région de Tizi Ouzou (Wilaya III historique)
Village natal : Ighil Imoula (commune de Tizi N’Tleta, daïra de Boghni, wilaya de Tizi Ouzou)
Jeunesse et formation
Né le 20 octobre 1933 à Boghni (Kabylie), dans une famille d’instituteurs patriotes. Fils d’un des premiers enseignants algériens de la région, il grandit aux côtés de son frère aîné Mohamed Zamoum (futur colonel Si Salah, chef de la Wilaya IV).
- Études primaires : École de Boghni, qu’il quitte à l’âge de 11 ans pour se consacrer au militantisme.
- Autodidacte passionné, il se forme seul à la lecture et à l’écriture, découvrant plus tard en prison des auteurs révolutionnaires comme Marx, Lénine et Gide.
Engagement nationaliste précoce
- 1948 : À 15 ans, adhère au PPA-MTLD (Parti du Peuple Algérien). Devient rapidement chef de cellule, puis de groupe, et enfin responsable de la kasma de Boghni-Ighil Imoula.
- 1953 : Arrêté pour fourniture de logistique au parti clandestin. Condamné à un an de prison. Libéré en 1954, il rejoint immédiatement les préparatifs de l’insurrection.
Frere  » SI Salah Mohamed Zamoum »
Rôle pivotal dans le déclenchement de la Révolution
Fin octobre 1954, Krim Belkacem lui confie le texte fondateur rédigé par Mohamed Boudiaf et Mourad Didouche (dactylographié par le chahid Mohamed El Aïchaoui).
Dans la nuit du 26 au 27 octobre 1954, à Ighil Imoula, dans la maison du chahid Rabah Idir, Ali Zamoum supervise l’impression de plusieurs milliers d’exemplaires de la Proclamation du 1er Novembre sur une ronéo ramenée d’Abane Ramdane.
« Ne changez rien, pas même une virgule ! » ordonna Krim Belkacem.
Le lendemain du tirage, il rejoint le maquis comme l’un des neuf décideurs de l’entrée de la Kabylie dans la lutte armée.
Arrestation et incarcération
- Février 1955 : Arrêté armes à la main lors d’un accrochage. Torturé, condamné à mort (gracié ultérieurement).
- Incarcéré 7 ans dans une dizaine de prisons (Tizi Ouzou, Lambèse, Serkadji, France métropolitaine). Partage sa cellule avec Ahmed Zabana (premier guillotiné de la Révolution).
Consacre ses années de détention à la lecture, forgeant son humanisme révolutionnaire.
Après l’Indépendance (1962-2004)
- 1962 : Premier walis de Grande Kabylie (Tizi Ouzou).
- Refuse les privilèges du pouvoir. S’oppose à Ben Bella sur la démocratisation du FLN, puis au coup d’État de Boumediène (1965). Membre du Comité Central du FLN, il démissionne par intégrité.
- Directeur central au Ministère du Travail : Protège et finance la troupe théâtrrale de Kateb Yacine (« Action culturelle des travailleurs ») et soutient M’hamed Issiakhem.
- À la retraite : Fonde à Boghni l’association Tagmats (« Fraternité ») pour l’aide aux démunis, veuves et orphelins. Rebaptisée Tagmats Ali Zamoum après sa mort.
Œuvre littéraire
- Tamurt Imazighen – Le Pays des hommes libres (1998, Éditions La Pensée Sauvage ; rééd. Casbah 2007). Mémoires poignants d’un survivant (1940-1962), préfacés par Kateb Yacine.
« Mon fusil pesait lourd sur mon épaule… mais cela me faisait du bien. Il me rappelait ce que j’étais devenu : un homme libre. »
Hommages posthumes
- Ahid de l’Ordre du Mérite national.
- Maison de la Proclamation à Ighil Imoula transformée en musée privé.
- Lycée Ali Zamoum à Boghni ; maison de la culture à Bouira.
- Association Tagmats perpétue son action (ambulances, aides sociales).
- Chaque 1er Novembre : Hommages à Ighil Imoula, village « berceau de la Révolution ».
Citation du Colonel Mohand Oulhadj
« Ali Zamoum était l’âme pure de Novembre. Il a donné son sang, sa liberté et sa plume pour que l’Algérie soit libre. » (Témoignage recueilli en 2004)
Témoignage de sa veuve, Nna Ouiza Zamoum (décédée en 2024)
« Il n’a jamais trahi ses idéaux. Même malade, il portait son burnous de moudjahid et aidait les pauvres. »
Ali Zamoum reste le symbole du révolutionnaire intègre, celui qui imprima la liberté sur du papier stencil avant de la graver dans l’Histoire. Un homme qui refusa le pouvoir pour rester fidèle au peuple.
Sources complémentaires :
- Wikipédia & archives EL MOUDJAHID.
- Mémoires Tamurt Imazighen (Casbah Éditions).
- Témoignages de Mohand Arab Bessaou, Kateb Yacine (enregistrements) et association Tagmats Ali Zamoum.
- Site memoria.dz & Le Monde (nécrologie 2004).
« À Ighil Imoula, il sociologists pas une famille qui n’ait donné un fils à la Révolution. »
(Ali Zamoum, Tamurt Imazighen)