Abdelmalek Amellou – l’exécuteur d’Ali Mécili ?

Abdelmalek Amellou (souvent appelé « Malek » ou « le boxeur » dans les récits de l’époque) est une figure centrale – et controversée – de l’affaire d’assassinat d’Ali Mecili, l’avocat et opposant algérien tué à Paris le 7 avril 1987. Voici un résumé structuré de son parcours connu, basé sur les sources journalistiques, judiciaires et témoignages publics.
Origines et vie en France avant 1987
- Né en Algérie, région d’Aït Rzine/Guenzat.
- Installé en France (région parisienne) dans les années 1980, il est décrit comme un petit truand et proxénète opérant dans des milieux interlopes (Pigalle, Faubourg-Saint-Denis).
- Surnommé « le boxeur » en raison de son physique et de son passé supposé dans la boxe ou les bagarres.
- Il vivait avec sa compagne de l’époque, Fatna (ou Fatma) Beliali, qui travaillait comme barmaid ou strip-teaseuse.
Rôle présumé dans l’assassinat d’Ali Mecili (1987)
- Le 7 avril 1987 : Ali Mecili est exécuté de trois balles dans le hall de son immeuble au 74 boulevard Saint-Michel à Paris.
- Mai 1987 : La police française reçoit un renseignement anonyme accusant Abdelmalek Amellou d’être l’exécutant, agissant pour le compte des services spéciaux algériens (Sécurité militaire, future DRS).
- 10 juin 1987 : Interpellé par la Brigade criminelle avec sa compagne. Chez lui, les enquêteurs trouvent un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne signé par un certain « capitaine Rachid Hassani » (alias Mohamed Ziane Hassani selon des témoignages ultérieurs).
- Amellou nie les faits ; il n’est pas formellement reconnu par certains témoins, mais plusieurs éléments (témoignages de sa compagne, renseignement, arme potentielle) le désignent comme tireur.
- 14 juin 1987 : Expulsé en urgence absolue vers l’Algérie sur ordre de Robert Pandraud (ministre délégué à la Sécurité sous Chirac/Pasqua), juste avant la fin de sa garde à vue. Cette décision explosive bloque l’enquête française et provoque un scandale (accusations de protection d’Alger par Paris pour préserver les relations bilatérales).
Après son expulsion (1987–2025/2026)
- Il rentre en Algérie et disparaît des radars médiatiques pendant des années.
- Années 2000–2010 : L’affaire Mecili rebondit en France :
- Témoignages d’ex-agents algériens (Mohamed Samraoui, etc.) confirment son rôle d’exécutant recruté par la Sécurité militaire.
- 2007 : Mandat d’arrêt international lancé par un juge français contre lui (et contre Mohamed Ziane Hassani comme commanditaire présumé).
- 2008 : Arrestation Hassani à Marseille, mais l’affaire s’enlise (non-lieu partiel, puis confirmation en 2014–2015 faute de preuves irréfutables et de coopération algérienne).
- 2012 et 2017 : Il refait surface politiquement en se présentant (ou en étant candidat tête de liste) aux élections locales sous l’étiquette du RND à Aït Rzine (commune en Kabylie). Sa candidature suscite indignation et rejet (rejetée en 2017 selon certains médias algériens). Cela ravive la polémique : comment un homme accusé d’assassinat politique peut-il briguer un mandat ?
- Il vit discrètement en Kabylie, sans jamais être extradé ni jugé.
Décès récent (janvier 2026 ?)
- Selon des publications récentes sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, pages militantes kabyles/FFS), Abdelmalek Amellou est décédé récemment (début 2026 ou fin 2025) et inhumé au village de Guenzat, dans la commune d’Aït Rzine (wilaya de Béjaïa, Kabylie).
- Ces annonces, souvent reprises mot pour mot, soulignent l’impunité : « l’exécutant est mort, mais les commanditaires ? » Elles proviennent de cercles d’opposition (FFS, militants berbères, diaspora) et rappellent le livre de Hocine Aït Ahmed L’Affaire Mecili (1989), qui le désigne nommément comme assassin.
En résumé, Abdelmalek Amellou reste avant tout connu comme l’exécutant présumé d’un crime politique emblématique, jamais jugé en raison d’une expulsion controversée et d’une coopération judiciaire bloquée. Sa vie post-1987 semble avoir été relativement ordinaire en Algérie, ponctuée d’une tentative politique locale qui a choqué. Sa mort referme le chapitre de l’exécutant sans réponse sur les ordres venus d’en haut (Sécurité militaire sous Chadli Bendjedid ? Figures comme Larbi Belkheir ?). L’affaire Mecili demeure un symbole d’impunité d’État et de compromissions franco-algériennes.