Cheikh Si Seddik Ben Arab

L’Organisateur de la Résistance Kabyle (c. 1815 – après 1857)

Cheikh Si Seddik Ben Arab (ou Cheikh Seddik) fut l’une des figures majeures de la résistance algérienne contre l’occupation française au milieu du XIXe siècle. Il succède à Cherif Boubaghla comme principal coordinateur des tribus kabyles et transforme la lutte en un mouvement structuré.

Origines et Formation

Né vers 1815 au village d’Icherraiouen (anciennement Tacheraïhit), dans l’actuelle commune de Tizi Rached (Grande Kabylie).

  • Lignée érudite : Issu d’une famille de chouyoukhs, il est formé à la zaouïa Chikh Menaârav d’Icherraiouen, centre réputé d’enseignement malékite.
  • Rayonnement : La zaouïa attire des étudiants de tout l’Est et Sud-Est algérien. Selon la tradition, Cheikh Ahmed Tidjani, fondateur de la Tidjania, y aurait étudié (hypothèse non confirmée par les sources primaires).

Le Cœur de la Résistance (1855-1857)

Après la mort de Cherif Boubaghla (décembre 1854), Cheikh Seddik prend la tête de la résistance.

Triumvirat stratégique

  1. Cheikh Seddik Ben Arab – stratège et organisateur.
  2. Lalla Fadhma N’Soumer – guerrière et figure spirituelle.
  3. Si El Hadj Amar Moqrani – chef de la tariqa Rahmania.
  4. Le bachagha Si El Djoudi rejoint épisodiquement fin 1856.
  • Janvier 1855 : Lancement d’actions armées. Une ligne défensive est établie à l’est de Tizi Ouzou, limitée au nord par l’Oued Sebaou.
  • Rapports français : Le maréchal Randon admet l’impossibilité de franchir cette frontière, justifiée par l’engagement de l’Armée d’Afrique en Crimée.
  • Guerre mobile : Raids offensifs jusqu’à Draa El Mizan, Boghni, Mechtras, Ouadhias et la vallée de la Soummam. Travail constant pour rallier ou réintégrer les tribus « soumises ».

Défaite et Déportation (1857)

L’expédition de Kabylie (printemps 1857), commandée par Randon avec 50 000 hommes, vise prioritairement Cheikh Seddik et Lalla Fadhma.

  • 25 juin : Défaite à Icherriden.
  • 30 juin : Défaite décisive à Aguemoun Izem.
  • 1er juillet : Arrestation, détention à Tizi Ouzou puis Alger.
  • Juillet 1857 : Déportation au fort de l’Île Sainte-Marguerite (îles de Lérins, Cannes). Il y rejoint d’autres résistants, dont Si El Hadj Amar.

L’Emprisonnement à Sainte-Marguerite

  • Conditions : Internement politique de « première classe », isolement total, régime sévère.
  • Cimetière musulman : Nombreux résistants y meurent et y sont inhumés.

Fin de Vie : un mystère persistant

Aucune source archivistique française (Bureaux arabes, listes de prisonniers 1842-1883, administration pénitentiaire) ne mentionne la date ni le lieu exact de son décès.

  • Hypothèses :
  1. Décès à Sainte-Marguerite après 1883 (peu probable).
  2. Transfert dans un autre lieu (Toulon, Fort Lamalgue, etc.).
  3. Enregistrement sous variante orthographique ou alias.

Conclusion : Cheikh Si Seddik Ben Arab meurt en déportation en France après 1857. La date et le lieu précis restent à établir par des recherches approfondies dans les archives françaises (SHD Vincennes, ANOM, préfecture des Alpes-Maritimes).

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