Krim BELKACEM

Krim Belkacem (1922-1970)

Krim Belkacem est un homme politique algérien, chef historique du Front de libération nationale (FLN) et une figure majeure de la guerre d’indépendance algérienne. Surnommé « Le Lion des djebels », il est le seul membre survivant et en liberté des six chefs historiques qui ont déclenché la révolution du 1er Novembre 1954 à avoir signé les accords d’Évian.

Jeunesse et engagement nationaliste (1922-1955)
Né le 15 décembre 1922 à Aït Yahia Moussa en Kabylie, il est fils de caïd. Après son service militaire, il adhère au Parti du peuple algérien (PPA) et commence un travail de militantisme clandestin. Recherché par les autorités françaises pour ses activités, il entre dans la clandestinité en 1947 et rejoint le maquis, où il est condamné à mort par contumace pour plusieurs affaires, dont le meurtre d’un garde-champêtre.

Guerre d’Algérie (1954-1962)
Krim Belkacem est l’un des six membres fondateurs du FLN qui déclenchent l’insurrection. Responsable de la wilaya (région) de Kabylie, il joue un rôle crucial dans l’organisation de la lutte armée. Il est un acteur central du congrès de la Soummam en 1956, qui structure la révolution.
Il est également connu pour avoir retourné contre l’armée française la célèbre Opération « Oiseau bleu » (ou « Force K »), une tentative de création de contre-maquis par les services secrets français, qui a permis au FLN de récupérer armes et munitions.
Membre du Comité de coordination et d’exécution (CCE), il participe à la direction de la lutte, notamment pendant la bataille d’Alger. Au sein du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), il occupe successivement les postes de vice-président et ministre des Forces armées, puis des Affaires étrangères et enfin de l’Intérieur. C’est à ce titre qu’il dirige la délégision algérienne et signe les accords d’Évian en 1962.

Dans l’Algérie indépendante et l’exil (1963-1970)

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Après l’indépendance, Krim Belkacem s’oppose à la mainmise de Ahmed Ben Bella et de l’État-major sur le pouvoir. Écarté de la scène politique, il se retire puis s’exile après le coup d’État de Houari Boumédiène en 1965.
En opposition au régime de Boumédiène, il fonde le Mouvement pour la défense de la révolution algérienne (MDRA). Accusé d’avoir organisé un attentat contre Boumédiène, il est condamné à mort par contumace en 1969.

Assassinat
Krim Belkacem est retrouvé mort étranglé dans sa chambre d’hôtel à Francfort, en Allemagne de l’Ouest, le 18 octobre 1970. Bien que les circonstances exactes ne soient pas officiellement élucidées, de fortes présumptions pèsent sur un assassinat commandité par les services secrets algériens de l’époque.
Réhabilité par la suite, sa dépouille est rapatriée en Algérie et inhumée au carré des martyrs d’El Alia à Alger en 1984.

Héritage et hommages
Krim Belkacem est aujourd’hui reconnu comme un héros national en Algérie. De nombreuses rues, établissements et l’aéroport de Hassi Messaoud portent son nom. Son portrait figure également sur le billet de 2000 dinars algériens aux côtés des autres chefs historiques du FLN.

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