Rabah Arezki

Rabah Arezki est un économiste algérien d’origine kabyle, possédant la double nationalité algérienne et française. Spécialiste des marchés émergents, des ressources naturelles, de l’énergie, du financement du développement, de la géoéconomie régionale, des politiques macroéconomiques et fiscales, il est reconnu pour ses contributions influentes dans les institutions internationales et la recherche académique. Ses travaux sont largement cités dans les médias internationaux (Financial Times, Bloomberg, Wall Street Journal, The Economist, Foreign Policy, Le Monde, Jeune Afrique, etc.) et totalisent plus de 7 600 citations sur Google Scholar.

Actuellement (janvier 2026), il est Directeur de recherche (Research Director / Directeur de recherche en économie) au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), rattaché au CERDI (Centre d’études et de recherches sur le développement international) à l’Université Clermont Auvergne. Il est également Senior Fellow à la Harvard Kennedy School of Government, Fellow à la FERDI (Fondation pour les Études et Recherches sur le Développement International, où il dirige la Chaire sur la gestion des ressources naturelles), research fellow à l’Economic Research Forum (ERF), Distinguished Fellow au Centre pour la Liberté et la Prospérité de l’Atlantic Council, et Nonresident Senior Fellow au Middle East Council on Global Affairs.

Parcours académique

Rabah Arezki est titulaire d’une M.Sc. en économie et statistiques de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE) à Paris (2003), d’un master en économie de l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, et d’un Ph.D. en économie obtenu en 2006 à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie). Sa thèse, intitulée « Demography, Credit and Institutions in a Globalizing World », a posé les bases de ses recherches sur le développement, les institutions et les ressources naturelles.

Expérience professionnelle avant la Banque mondiale

Sa carrière débute en 1999 avec des postes d’économiste au CEPII, à l’OFCE et au CEPREMAP à Paris, ainsi que des stages à l’OCDE et à l’Agence Française de Développement. En 2006, il intègre le Fonds monétaire international (FMI) à Washington D.C., où il exerce dans les départements des Affaires fiscales et du Moyen-Orient et Asie centrale. Il devient ensuite Chief of the Commodities and Environment Unit (juin 2014) au Département des études, rédacteur en chef du Research Bulletin du FMI et contributeur au Global Financial Stability Report.

Nomination à la Banque mondiale

En octobre 2017 (prise de fonctions effective autour du 10-12 octobre 2017), Rabah Arezki est nommé Chief Economist (Économiste en chef) pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) à la Banque mondiale, succédant à Shanta Devarajan. Il y collabore notamment avec Paul Romer (alors Économiste en chef et Premier vice-président) et pilote des initiatives comme l’approche « moonshot » pour la connectivité numérique et les paiements digitaux dans la région. Il occupe ce poste jusqu’en 2020.

Affiliations académiques et institutionnelles parallèles

Tout au long de sa carrière, Rabah Arezki maintient de fortes attaches : ancien non-resident fellow à la Brookings Institution, external research associate à l’Université d’Oxford, resource person pour l’African Economic Research Consortium (AERC), research fellow au CESifo, et membre actif de la FERDI (où il contribue à la Chaire sur l’architecture internationale du financement du développement).

Carrière après la Banque mondiale

En juillet 2020 (effective au 1er octobre 2020), il est nommé Chief Economist et Vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances à la Banque africaine de développement (BAD), poste qu’il occupe jusqu’en 2023. Depuis, il poursuit ses recherches au CNRS-CERDI et ses affiliations internationales de haut niveau.

Contributions intellectuelles et publications

Ses articles paraissent dans des revues prestigieuses comme le Quarterly Journal of Economics, Nature, l’Economic Journal, l’European Economic Review, le Journal of International Economics, le Journal of Development Economics et Economic Policy. Il est co-auteur et co-éditeur de plusieurs ouvrages influents, dont :

  • Beyond the Curse: Policies to Harness the Power of Natural Resources (IMF, 2011)
  • Commodity Price Volatility and Inclusive Growth in Low-Income Countries (IMF, 2012)
  • Shifting Commodity Markets in a Globalized World (IMF, 2017)
  • Rethinking the Macroeconomics of Resource-Rich Countries (CEPR, 2018)
  • Coping with the Climate Crisis: Mitigation Policies and Global Coordination (Columbia University Press, 2018)
  • Shaping Africa’s Post-Covid Recovery (CEPR Press, 2021)

Parmi ses publications récentes et contributions sur Project Syndicate (jusqu’à fin 2025) :

  • « Rethinking Value-Added Taxes for Developing Economies » (8 octobre 2025)
  • « The Scramble for Critical Minerals » (23 juillet 2025, co-écrit avec Rick van der Ploeg)
  • « Developing Countries Need a New Strategy » (27 mars 2025)
  • « Solving India’s Industrialization Puzzle » (23 janvier 2025, co-écrit avec Partha Sen)

Il a également contribué à des articles comme « From Global Saving Glut to Financing Global Infrastructure » (avec Patrick Bolton, Sanjay Peters, Frederic Samama et Joseph Stiglitz, Economic Policy, forthcoming), et organise des conférences (ex. : sur les minéraux critiques en novembre 2025 avec FERDI, CERDI et Oxford Review of Economic Policy).

Mission de la Banque mondiale

Fondée en 1944, la Banque mondiale soutient les pays en développement via le financement de projets en éducation, santé, agriculture, infrastructures et résilience climatique. Elle accorde des prêts à taux préférentiels, des dons, des garanties et des conseils stratégiques fondés sur l’expertise de ses environ 10 000 employés issus de 189 pays membres. En 2014, elle a engagé 65,6 milliards de dollars, dont 20,9 milliards pour l’Afrique et le Moyen-Orient. En 2023, ses engagements annuels ont dépassé les 100 milliards de dollars pour affronter les crises climatiques et économiques. En 2025-2026, elle projette une croissance régionale MENA en amélioration (2,8 % en 2025, 3,3 % en 2026), malgré les conflits persistants et les défis d’emploi.

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