Raymonde Peschard

Raymonde Peschard : ยซย Taousย ยป, la Chahida europรฉenne

Raymonde Peschard, dite Taous (ยซย Le Paonย ยป en arabe), nรฉe le 15 septembre 1927 ร  Saint-Eugรจne (actuelle Bologhine) en Algรฉrie, est une militante franco-algรฉrienne. Elle est l’unique Algรฉrienne d’origine europรฉenne reconnue comme ยซย chahidaย ยป (martyre) par les autoritรฉs algรฉriennes aprรจs l’indรฉpendance pour son rรดle dans la Guerre d’Algรฉrie. Elle fut tuรฉe au combat le 26 novembre 1957 ร  l’รขge de 30 ans.


Biographie

Jeunesse et engagement communiste

Nรฉe en 1927 ร  Alger, Raymonde Peschard grandit principalement ร  Constantine, oรน son pรจre รฉtait chef de gare [4]. Elle y exerce la profession d’assistante sociale au sein de la compagnie ร‰lectricitรฉ et gaz d’Algรฉrie (EGA, actuelle Sonelgaz) [4].

Dans les annรฉes 1940, elle s’engage activement dans les milieux de gauche, militant pour le Parti communiste algรฉrien (PCA), notamment au sein de l’UFA et du Comitรฉ de lutte contre la rรฉpression. Son militantisme lui vaut d’รชtre expulsรฉe de Constantine le 5 juillet 1955 [5].

Ralliement au FLN et le maquis

En 1956, dans un contexte de rรฉpression croissante, Raymonde Peschard rejoint les rangs du Front de Libรฉration Nationale (FLN) [5].

Elle se retrouve impliquรฉe bien malgrรฉ elle dans l’affaire Fernand Iveton, le seul Europรฉen guillotinรฉ pour des actes de terrorisme durant la guerre. Iveton, sous la torture, avait affirmรฉ que la femme lui ayant remis les bombes รฉtait blonde afin de protรฉger la vรฉritable complice, Jacqueline Guerroudj, qui รฉtait brune [6]. ร‰tant blonde, Raymonde Peschard devient alors une cible recherchรฉe par les services de renseignement franรงais [5].

En mars/avril 1957, elle dรฉcide de rejoindre le maquis au sein de l’Armรฉe de Libรฉration Nationale (ALN) dans la Wilaya III (rรฉgion de la Kabylie) [3]. Elle y est affectรฉe ร  des missions et est rapidement surnommรฉe ยซย Taousย ยป (Le Paon), en hommage ร  sa beautรฉ [4].

Mort au combat

En novembre 1957, le groupe de l’ALN auquel elle est rattachรฉe, sous le commandement du Dr Mustapha Laliam, reรงoit l’instruction du colonel Amirouche de se diriger vers la Tunisie [7].

ร€ l’aube du 26 novembre 1957, le groupe est encerclรฉ par l’armรฉe franรงaise, menรฉe par le Lieutenant-colonel Fagalbe, au lieu-dit Draa Errih, dans le Djebel Tafartas, prรจs de Medjana (actuelle wilaya de Bordj Bou Arrรฉridj) [8].

Raymonde Peschard est tuรฉe lors de cet accrochage, en mรชme temps qu’une dizaine de ses compagnons d’armes, dont le Dr Belhocine et Si Arezki Oukmalou (commissaire politique du FLN) [8]. Selon des tรฉmoignages, blessรฉe et capturรฉe, elle aurait รฉtรฉ exรฉcutรฉe d’une balle dans la nuque par un officier aprรจs avoir insultรฉ les soldats franรงais qui achevaient sauvagement ses compagnons [Attoumi 2012, p. 142].

Son corps fut identifiรฉ grรขce ร  ses empreintes digitales, et sa mort fit la une des mรฉdias coloniaux de l’รฉpoque [Le Monde, 29 novembre 1957].

Postรฉritรฉ

Raymonde Peschard est inhumรฉe ร  Constantine [2]. En hommage ร  son engagement, une importante artรจre du quartier du Coudiat, oรน se situait l’ancien siรจge de son lieu de travail (EGA), porte son nom ร  Constantine. On trouve รฉgalement un jardin et une pancarte commรฉmorative ร  son nom ร  Bordj Bou Arreridj.


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