Bachagha Benchiha – Une figure de la collaboration avec l’administration coloniale
El Hadj Ould Boumediene Benchiha, connu sous le nom de Bachagha Benchiha, est un personnage historique controversé. Né en 1863 dans la région de Sidi Bel Abbès, il est souvent cité en exemple pour illustrer le rôle des élites locales qui ont choisi de collaborer avec la France durant la colonisation de l’Algérie. Pour l’histoire algérienne, il incarne une autorité locale mise au service de l’occupant
Un intermédiaire au service de la France
Issu d’une famille de notables, Benchiha a intégré très tôt la hiérarchie imposée par l’administration française. En acceptant le titre de « Bachagha », il est devenu un relais puissant entre le gouvernement colonial et la population musulmane.
Son rôle principal consistait à faire appliquer les ordres de la France sur le terrain. Cela incluait :
- La collecte des impôts auprès des populations locales.
- Le maintien de l’ordre pour le compte de l’armée française.
- Le recrutement de jeunes Algériens pour servir dans les rangs de l’armée coloniale (Spahis, Tirailleurs).
En échange de cette loyauté, il a reçu de nombreuses récompenses de l’État français, dont la Légion d’honneur et la Croix de guerre.
Le symbole du Centenaire de 1930
Le point culminant de sa collaboration a eu lieu en 1930, lors des célébrations du Centenaire de la présence française en Algérie. Invité à Paris comme l’un des « grands chefs indigènes » loyalistes, Benchiha a participé à une cérémonie hautement symbolique.
Le 15 juillet 1930, il a ravivé la flamme sous l’Arc de Triomphe à Paris. Pour la propagande coloniale, ce geste prouvait l’attachement des Algériens à la France. Cependant, pour les nationalistes algériens de l’époque, cette scène était vécue comme une humiliation et une preuve de soumission des chefs locaux envers le colonisateur.
Un jugement historique sévère
Bachagha Benchiha est décédé en 1937 à Paris. Si la France coloniale l’a honoré comme un « ami de la France », la mémoire nationale algérienne porte un jugement très dur sur son parcours.
Il est perçu comme le représentant d’une classe de privilégiés qui ont protégé leurs intérêts personnels et leur pouvoir local en s’alliant avec l’envahisseur, au détriment de la lutte pour l’indépendance et des intérêts de leur propre peuple. Aujourd’hui, son nom reste associé dans l’histoire algérienne à la période sombre de la collaboration avec le système colonial.
Enfin, la biographie de Bachagha Benchiha rappelle les divisions créées par la colonisation. Alors qu’il fut décoré par la France, l’histoire de l’Algérie indépendante le condamne comme un symbole de la trahison des élites traditionnelles qui ont accepté de servir l’administration coloniale.