Nadia At Mansour

Chanteuse, poète, écrivain et psychanalyste junguienne kabyle

Nadia At Mansour Ikni, née le 8 mai 1966 à Alger d’un père kabyle (Ramdane Ouahès) et d’une mère française de Sologne (Colette Paulmier), incarne une synthèse rare entre héritage berbère profond et ouverture universelle.

Parcours médical et scientifique

  • 1982 : études de médecine à Paris
  • 1983 : commence l’apprentissage du kabyle en traduisant les chansons de Lounès Aït Menguellet avec son père
  • 1989-1997 : interne des hôpitaux de Paris en dermatologie, puis post-doctorat à Harvard (Boston)
  • 1997-1999 : médecin-assistant en psychiatrie en Suisse, initiation à la psychologie junguienne à Zurich
  • 1999 : abandon définitif de la médecine pour se consacrer à la psychanalyse junguienne

Carrière artistique (2001-2004)

  • 2001 : première scène avec ses Chants soufis de Kabylie (auteur, compositeur, interprète)
  • 2002 : mariage avec Hakim Ikni, spectacle au Théâtre de la Vieille Grille (Paris)
  • 2003 : première partie de Lounès Aït Menguellet à l’Olympia, naissance de sa fille Rosa
  • 2004 : dernier concert (Fête de la musique, hôpital Sainte-Anne) avant de quitter la scène

Œuvre littéraire majeure

  • 2005 : publication de « À la recherche de l’âme – Interprétation d’un conte kabyle initiatique » (Éditions Edisud)
    → Première analyse junguienne jamais réalisée sur le conte kabyle ancien « Aïni » (recueilli par Léo Frobenius).
    → Démontre la dimension universelle et soufie du conte, son enseignement sur l’amour mature et le processus d’individuation.
    → Salué comme une contribution majeure à la restauration du féminin et à la compréhension de la psyché kabyle.

Activité actuelle
Installée à Paris, Nadia At Mansour exerce la psychanalyse junguienne et continue d’écrire. Un second ouvrage sur le conte kabyle « Le grain magique » (Aâeqqa yessawalen) est en préparation.

Identité et message
Fille des deux rives, elle revendique :

  • L’âme kabyle instinctive, sensuelle et enracinée dans la nature,
  • L’esprit européen introspectif et contemplatif.

Pour elle, les contes kabyles sont des « bijoux » à interpréter comme des rêves : ils révèlent la vérité brute de la psyché collective et guident vers la connaissance de soi. Refusant les étiquettes nationales étroites, elle se vit comme citoyenne du monde intérieur, africaine, berbère, universelle.

« Le conte est l’âme qui se raconte. »
– Nadia At Mansour Ikni

À 59 ans, elle reste une passeuse de lumière entre tradition kabyle millénaire, soufisme et psychologie des profondeurs, offrant une voie initiatique moderne où l’amour, la sagesse ancestrale et la quête de soi se rejoignent.

Oeuvres:

A la recherche de l’âme : Interprétation d’un conte kabyle initiatique (Essai) – Éditions Edisud, Paris ISBN : 2-7449-0550-X, 2005