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L’affaire Chérif Mellal, un ancien dirigeant de club de football au cœur d’un marathon judiciaire, condamné à 10 ans ferme.

Chérif Mellal, l’ancien président de la JS Kabylie (JSK), est détenu depuis janvier 2023. Le 9 septembre 2026, le procureur général de la Cour d’appel d’Alger a requis une peine de 10 ans de prison à son encontre pour blanchiment d’argent, infractions aux réglementations de change et transferts illicites de capitaux vers l’étranger, ainsi qu’une amende de 32 millions de dinars contre l’entité juridique concernée et la confiscation des biens saisis.

Situation de base de l’affaire

  • Identité de la personne concernée : Chérif Mellal, président de la JSK de 2018 à 2021, sous mandat de dépôt depuis janvier 2023 .
  • Faits de l’accusation : Violation de la législation sur le contrôle des changes et les mouvements de capitaux, blanchiment d’argent provenant d’activités criminelles, dissimulation de biens d’origine criminelle, agissement en tant qu’organisation criminelle .
  • Réquisitions du ministère public : 10 ans de prison pour Mellal, son frère Ghiles Mellal et trois autres coaccusés ; 32 millions de dinars d’amende contre les personnes morales concernées, avec confiscation des biens saisis .

Montants des transferts de fonds et flux

L’enquête a révélé que Mellal a utilisé le compte bancaire de la JSK à la Banque de développement local (BDL) comme canal pour transférer illégalement des fonds vers l’étranger :

  • Plus de 7 milliards de centimes : transférés vers l’Allemagne et le Luxembourg .
  • 275 000 dollars : depuis le compte de la JSK vers la banque américaine JP Morgan .
  • 300 000 euros : impliquant la société « Luxcarleasing » en Allemagne et « LMT Auto » au Luxembourg .

Biens à l’étranger

L’enquête a également mis au jour les biens de Mellal et de son frère à l’étranger :

  • Allemagne : biens immobiliers d’une superficie de 1 800 mètres carrés, comprenant deux duplex et un appartement F3, achetés en 2013 pour 270 000 euros.
  • États-Unis et Allemagne : plusieurs sociétés commerciales en activité, actifs immobiliers et comptes bancaires .

Position de la défense et contestations

  • Prescription : la défense soutient que les faits sont prescrits, la date d’achat du bien immobilier en 2012 et la période des transactions commerciales (1997-2017) étant antérieures de plus de trois ans à l’ouverture de l’action publique en janvier 2023 .
  • Justification des transferts de fonds : Mellal affirme que les 275 000 dollars étaient une prime de la CAF pour la qualification de la JSK en Coupe de la CAF, nécessitant un passage par un compte bancaire américain ; les 300 000 euros concernaient des affaires commerciales légales .
  • Absence de preuves : la défense souligne l’absence de documents SWIFT attestant des transferts, ainsi que l’utilisation de procès-verbaux d’enquête classés sans suite .
  • Dénonciation de motifs politiques : les partisans et la défense soutiennent que l’affaire relève d’une instrumentalisation politique, visant à réprimer une figure dissidente de la région kabyle opposée au contrôle gouvernemental sur le club .

Calendrier procédural

  • 9 octobre 2024 : procès en première instance devant le pôle économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, 10 ans requis ; verdict le 23 octobre, 4 ans de prison ferme et 224 millions de dinars d’amende .
  • 25 février 2025 : confirmation du verdict de 4 ans de prison en appel .
  • 19 août 2026 : la Cour d’appel d’Alger rejette la demande de mise en liberté provisoire, report du procès au 9 septembre .
  • 9 septembre 2026 : audience d’appel, le procureur général requiert à nouveau 10 ans de prison et 32 millions de dinars d’amende .

Une détention préventive exceptionnellement longue

Chérif Mellal a passé plus de 1 100 jours en détention préventive à la prison de Koléa, sans qu’un jugement définitif ne soit prononcé sur l’ensemble des volets de son dossier . Son pourvoi en cassation devant la Cour suprême demeure sans date d’examen, ce que sa défense qualifie de « silence institutionnel » . Me Fetta Sadat, son avocate, dénonce une justice aux ordres et une détention qui s’apparente à une sanction anticipée .

L’affaire Mellal dépasse désormais le cadre judiciaire strict. Pour ses soutiens, elle incarne la répression d’une figure kabyle ayant refusé de soumettre la JSK aux directives du pouvoir central . Pour l’accusation, elle représente un dossier de corruption financière d’envergure internationale. Le verdict à venir devra trancher entre ces deux lectures.

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